samedi 11 novembre 2006
Corée du Nord
Même si on en entend pas parler beaucoup ici, la question des essais nucléaires nord-coréens est un sujet épineux pour la Chine. Et comme je ne saurais pas en parler moi-même, je vais me contenter de vous recommander la lecture d'un article de Cai Hongguo publié sur son blog : La crise en Corée.
samedi 1 janvier 2000
Histoire des Taiping (in Encyclopædia Universalis)
Le plus important de ces mouvements populaires est la
révolte des Taiping (1850-1864), à la fois paysanne, nationale et moderniste.
Les rebelles s'en prirent aux propriétaires fonciers et attaquèrent les bureaux
administratifs (yamen) ; leur loi agraire égalitaire et communautaire,
qu'ils promulguèrent en 1853, les rattache à la tradition des jacqueries
d'autrefois, autant que leur nom lui-même (le terme de Taiping, « grande
harmonie », avait été maintes fois utilisé comme slogan par des révoltes
paysannes de l'ancienne Chine). Leur opposition au régime impérial est en même
temps politique : ils veulent libérer
la Chine
des Tartares, et, dès 1851, leur chef Hong Xiuquan proclame l'avènement en sa personne d'une nouvelle dynastie chinoise, à caractère national ; de ce point de vue, les Taiping sont les héritiers des sociétés secrètes anti-mandchoues des XVIIe et XVIIIe siècles. Mais leur originalité est d'être en même temps influencés par l'Occident. Plusieurs de leurs chefs, en particulier Hong lui-même, avaient fréquenté les missionnaires anglo-saxons de Canton ; la religion Taiping est un curieux mélange de traditions populaires anciennes et d'emprunts chrétiens. Hong se proclamait second fils de Dieu, égal au Christ en dignité, et
la Bible
tenait une grande place dans les cérémonies religieuses Taiping. L'intérêt que les rebelles portaient à l'Occident ne se limitait d'ailleurs pas au christianisme ; ils créèrent un calendrier solaire, pour remplacer le vieux calendrier lunaire chinois ; ils élaborèrent un projet de réformes à caractère moderniste, qui prévoyait des chemins de fer, une presse de type occidental, des postes modernes.
L'insurrection Taiping aboutit à la formation en Chine du Sud d'un véritable État dissident dont la capitale était Nankin, et qui se maintint pendant treize ans. Il s'agit donc d'un mouvement d'une ampleur et d'une durée sans précédent, qui mit en mouvement des dizaines de millions d'hommes et qui est peut-être la plus grande guerre paysanne de l'histoire (ou du moins de l'histoire des sociétés pré-industrielles).
Mais les Taiping furent finalement
vaincus, et les Impériaux réussirent progressivement à réduire leur zone
d'influence, pour les liquider complètement en 1864. De cet échec, les rebelles
étaient les premiers responsables. Car, une fois retombé l'élan initial, ils
n'avaient pas réussi à se dégager du modèle social que constituait
la Chine
impériale : la loi agraire n'avait guère été appliquée ; le pouvoir était accaparé par la néo-féodalité des wang (rois) qui avaient leurs propres forces armées et s'enrichissaient aux dépens des villages. Les dissensions entre wang affaiblirent aussi le mouvement ; en 1856, deux des principaux chefs, avec plusieurs dizaines de milliers de leurs partisans, s'entretuèrent.
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Les rebelles Taiping (in Encyclopædia Universalis)
Les rebelles Taiping, qui animèrent une grande insurrection en Chine de 1850 à 1864, étaient les adeptes d'une religion dont le syncrétisme alliait à des éléments de traditions populaires anciennes (taiping signifie « grande harmonie ») de nombreux emprunts chrétiens.
Leur chef, Hong Xiuquan, malade et déprimé pour avoir échoué trois fois aux examens officiels, avait eu en 1837 des visions célestes. Il en fit une description détaillée quelques années plus tard : au Ciel, on lui avait ouvert le ventre et remplacé ses vieux organes par de nouveaux. Ensuite,
la Mère céleste, qui l'avait appelé « mon fils », le fit se baigner dans une rivière et s'y purifier ; elle le conduisit devant un vieil homme qui avait l'air d'un souverain dont la majesté semblait au-delà de toute mesure, et qui se révéla n'être autre que le Père céleste des chrétiens, créateur du monde et des hommes. Celui-ci avait condamné Confucius et son enseignement, et exposé à Hong que le monde avait abandonné l'adoration de l'unique vrai Dieu pour se tourner vers l'idolâtrie sous l'impulsion des diables, qui d'ailleurs ne s'agitaient pas seulement sur terre mais aussi dans les trente-trois Cieux ; le chef suprême de ces diables, Yanluo, était capable de dix-huit transformations. Le Père céleste avait chargé Hong de combattre l'idolâtrie et d'instaurer le royaume du salut sur la Terre. Il lui avait remis un sceau qui confirmait son autorité pour lutter contre les diables, et une épée pour les anéantir. Il lui avait également conféré le titre de roi céleste de la Paix universelle (taiping tianwang).
Ce n'est qu'en 1843, après un nouvel échec aux examens, que Hong déclara comprendre le vrai sens de ses visions : Jésus, premier fils de Dieu, fils né de la Mère éleste en naissance céleste et né de Marie en naissance terrestre, n'avait pas réussi, malgré sa mort sur la Croix, à accomplir sa charge divine. Celle-ci était maintenant transférée à Hong, lui-même deuxième fils de Dieu, né en naissance céleste par la Sainte Mère céleste, et donc frère cadet de Jésus, pour libérer le monde de l'idolâtrie et de la domination des diables, domination illustrée entre autres par la dynastie des Mandchous. En 1846, Hong eut l'occasion de suivre pendant deux mois à Canton, l'enseignement du missionnaire baptiste américain Issachar Roberts. Mais déjà, en 1843, Hong avait commencé à prêcher la nouvelle foi, y gagnant des amis, des membres de sa famille et, enfin, les foules. Cette évangélisation conduisit à la formation de l'association des Adorateurs de Dieu (Baishangdihui) d'où est sorti le grand mouvement des Taiping.
Les croyances de ces nouveaux chrétiens sont évidemment loin de l'orthodoxie, soit catholique, soit protestante. Ainsi le Père céleste, très anthropomorphe, est un père de famille avec une première et une seconde épouse, père à qui son fils Jésus a amené une belle-fille. Les Taiping n'admettent ni la divinité du Christ ni l'eucharistie. La Trinité est acceptée tant bien que mal, mais le Saint-Esprit n'est que la voix de Dieu, par laquelle il transmet ses ordres en descendant sur l'un ou l'autre des deux grands assistants de Hong. Cette religion exige la stricte observance d'une morale personnelle et d'une morale communautaire, qui se réfère aux Dix Commandements et comporte les notions de péché, de repentir et de rémission. Le baptême est conféré, après qu'une confession des péchés a été faite par écrit puis brûlée, le baptisé promettant de ne plus pécher, de ne pas vénérer les idoles et d'observer les commandements de Dieu. La prière est à pratiquer le matin et le soir, le dimanche, les jours des fêtes et à maintes occasions. On prie pour les morts. L'ascension au paradis est assurée aux combattants tombés à la bataille. L'adultère et la prostitution sont condamnés. Le mariage dépend toujours de l'autorisation de Hong. Des concubines sont permises aux grands chefs. Le culte des idoles, expression de la domination démoniaque, est combattu avec violence. Divination, géomancie, sorcellerie, guérisons magiques, conjuration des morts sont interdites.
Hong Xiuquan se suicida en 1864, après l'échec du mouvement Taiping.
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